Tour de France à la Voile et Extreme 40

Plus d’un mois s’est écoulé depuis ce mois de juillet très chargé, mais riche en émotions et ô combien intéressant sur le plan sportif. En effet, avec le Tour de France à la Voile (TFV) et l’act 5 des Extreme Sailing Series à Porto, j’ai été servi!

C’est fin juin que je parts avec le Centre d’Entraînement à la Régate (CER) à Dunkerque pour préparer le M34 – bateau officiel du TFV –  et le matériel. La première étape est Dunkerque-Breskens (NED) mais avant, deux jours de parcours techniques nous attendent dans le Nord-Pas-de-Calais. Ces parcours techniques animent chaque étape et comptent pour le classement final. Nous rentrons bien dans la compétition et gérons correctement le courant, paramètre tactique essentiel des régates en Manche.

© Jean-Marie Liot/ASO

© Jean-Marie Liot/ASO

 

© Jean-Marie Liot/ASO

La première étape annonce d’entrée la couleur pour le mois de courses à venir sur ce TVF: nous partons pleine balle et de nuit en direction de la Hollande. Et il faut reconnaitre que la Mer du Nord est bien fréquentée par les cargos et abritent beaucoup d’engins flottants les plus diverses! Quelques erreurs de trajectoires et de manœuvres laissent les meilleures s’en aller et nous devons nous contenter d’une médiocre place. Cependant, les parcours techniques de Breskens nous confortent dans l’idée que nous n’avons rien à leur envier Et avant de rallier Dieppe pour la troisième étape, nous pointons 5ème au classement général provisoire.

© Jean-Marie Liot/ASO

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Après l’euphorie d’une première étape plein vent arrière, les prévisions météos annoncent du vent d’ouest, c’est à dire que nous nous attendons à faire du pré sur la deuxième étape.  Au début, une multitude de virements près de la côte est nécessaire pour se protéger du courant contraire. Dès que celui-ci tourne, c’est le moment de partir au large où il est plus fort. Nous jouons bien le coup et sommes 4ème. Plusieurs heures plus tard, il est de nouveau nécessaire se s’abriter proche de la côte et des concurrents profitent de ce moment pour revenir sur nous. La nuit, les bateaux naviguent si proche de la côte à marée haute que nous touchons avec les quilles les cages de pêche! Nous terminerons l’étape 6ème après une belle bagarre contre Oman Sail et Courrier Dunkerque.

© Jean-Marie Liot/ASO

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Un changement radical de météo a lieu à Dieppe après notre arrivée: un anticyclone s’installe durablement sur l’Angleterre et le vent tourne à l’est. Cool! Encore du vent arrière! Le vent mollit et nous réalisons encore d’excellents parcours techniques. L’étape en direction de Deauville est raccourcie. Nous rallierons la Basse-Normandie à la 9ème place, après une grosse bataille contre des algues coincées dans notre quille, rageant! La prochaine étape, Deauville-Brest est la plus longue et comporte toutes les difficultés du TFV: le passage de Barfleur et le chenal du Four. De plus, l’étape est d’un coefficient 5 au classement. Notre équipage est confiant et nous partons sereinement à l’assaut de l’étape reine. Au poste de tacticien, j’ai eu le temps de préparer cette étape du mieux possible. Malheureusement, nous avançons moins vite que nos concurrents après le départ. Le vent est perpendiculaire au cap et les équipages expérimentés montrent leur adresse dans ces allures régulièrement rencontrées sur les course au large. Nous sommes relégués en queue de peloton mais surtout, nous arrivons en retard au passage de Barfleur. C’est à dire, après la renverse de courant et nous devons le subir de face.

© Jean-Marie Liot/ASO

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Après cette étape difficile, deux journées de parcours techniques nous attendent dans la rade de Brest. Je réalise ma plus mauvaise journée en tant que tacticien en anticipant mal les oscillations du vent. Dommage, car les régates inshore sont nos points forts. Après cette journée, les nantais et le TPM-Coych (tenant du titre) reviennent sur nous. Il faudra se battre jusqu’au bout pour la 6ème place du général.

© Jean-Marie Liot/ASO

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Le prochain ralliement en direction de Lorient voit le début de course le plus intense du TFV 2013. Départ dans la rade, multiplication des manœuvres dans le goulet de Brest bord à bord avec les adversaires et passage entre les caillous. Le soir, nous devons contourner une des cardinales les plus célèbres: La Chaussée de Sein. A ce moment, nous sommes 4ème de la course. Nous prenons trop de risque avec le courant et frôlons de trop près la cardinale. Résultat, le spi s’emmêle dedans et perdons de précieuses secondes. Pire, nous n’avons plus de spinnaker! Heureusement, la fin de course de dispute au pré et toute l’équipe fait un formidable travail pour revenir dans la course. Nous dépassons un à un nos adversaires et terminons à une 8ème place. Après ce qui c’est passé, c’est un bon résultat!

© Jean-Marie Liot/ASO

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Il ne me reste plus que quelques jours sur le TFV. En effet, je ne participerai pas aux épreuves en Méditerranée. Ma dernière étape du TFV 2013 se termine sur une excellente 4ème place. Le lendemain, nous réalisons encore deux 2ème places en parcours techniques juste derrière le futur vainqueur du classement général, Groupama. Toute l’équipe du CER attaquera avec hargne la 6ème place du classement général jusqu’à Marseille, dernière étape de la course.

 

 

© Jean-Marie Liot/ASO

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Extreme Sailing Series à Porto

Pas le temps de me remettre de mes émotions, car à peine rentré pour faire un peu de lessive, et c’est départ pour Porto où se dispute l’acte 5 des Extreme Sailing Series. Après la tactique sur le TFV, mon rôle sur l’extreme 40 Realteam est le réglage de la grande voile. Le bateau est barré par Pierre Pennec et à bord je retrouve mes coéquipiers habituels: Cédric Schmidt, Bryan Mettraux et Thierry Wasem. Après le traditionnel montage du bateau transporté par container (entre un et deux par équipe), nous entamons six jours d’entraînements avec les autres extrem 40, notamment les suisses d’Alinghi et de Tilt.

Le type de course sur ce circuit est particulier: régates très courtes et le plus proches possibles du rivage où la réactivité prime sur la rapidité. Bien à l’opposé du circuit des D35 par exemple. Et à Porto, sur la rivière Douro, difficile de faire mieux en terme de stadium race, car le public peut voir la course comme très rarement en voile!

Act 5, Porto, Extreme Sailing Series ©Lloyd Images

Act 5, Porto, Extreme Sailing Series ©Lloyd Images

Après une très bonne mise en route le premier jour de course en parcours classiques, c’est-à-dire de tailles normales et à l’extérieur de la rivière, nous démarrons les stadium race dans un vent fort et, bien entendu, dans un courant important. Nous continuons notre marche en avant et nous nous détachons avec Alinghi et The Wave Muscat du reste de la flotte au classement général provisoire. Les régates sont très intenses et laissent peu de place à l’approximation, vu qu’il y a huit bateaux qui régatent entre deux murs! Après quatre jours de course et trente manches disputées, nous terminons 3ème du classement général final.

Act 5, Porto, Extreme Sailing Series ©Lloyd Images

Act 5, Porto, Extreme Sailing Series ©Lloyd Images

Act 5, Porto, Extreme Sailing Series ©Lloyd Images

Act 5, Porto, Extreme Sailing Series ©Lloyd Images

Act 5, Porto, Extreme Sailing Series ©Lloyd Images

Act 5, Porto, Extreme Sailing Series ©Lloyd Images

Après quelques jours de repos bien mérités, il faut commencer à penser à la fin de saison en D35. Trois courses sont encore à disputer et nous sommes toujours en lice avec Alinghi pour remporter le Vulcain Trophy 2013. Le mois d’août sera mis à profit pour réaliser plusieurs sessions d’entraînements sur le lac avant d’attaquer les courses dans les meilleures conditions.