Tour de France 2010 – chaque point compte…

Une des plus belle régate au monde. Le Tour de France à la voile est une épreuve comportant 10 étapes comprises entre 30 et 200 miles de longueur auxquelles il faut rajouter les manches disputées à chaque étape. Cette année, 27 concurrents sont au départ pour se disputer le classement général, amateurs et étudiants.

C’est avec le CER que je participe pour la première fois à cette épreuve qui a formé la plupart des meilleures spécialistes des courses au long court. J’occupais le poste de n°1 avec les tâches de changer les voiles (3 focs et 2 spis à disposition), de manœuvrer le tangon, d’aider au placement lors du départ et d’observer le plan d’eau. Une tâche annexe, mais non pour le moins appréciée par les 7 membres de l’équipage, consiste de part la position avancé sur le bateau, à servir de brise-lame !

Je rejoins l’équipe à Dieppe d’où part la 3ème étape pour la Bretagne, longue de 200 miles. Le bateau « Genève Carrefour-Prévention » du CER est dans le coup puisque nous sommes en tête du classement amateur avec, un peu comme en vélo, un joli spi bleu foncé en prime.

Cette étape qui rallie la Bretagne est magique : des côtes longeant les falaises Normandes, un passage au cap de la Hague et pour finir une arrivée groupée de nuit à Pléneuf-Val-André. Les hauts-fonds (qui ne sont pas en sable comme dans le sud !) et les filets de pêche à éviter font partie du charme de cette région de la France.

Début de l'étape le long des falaises de Fécamp

Le fort courant vient encore pimenter le tout et donne du fil à retordre aux meilleurs logiciels de routage. Bref, il faut de l’expérience pour naviguer dans ces eaux, lesquelles ont eu raison de l’équipage Belge; leur bateau a été détruit sur un caillou.

Cap de la Hague

Pour la suite, c’est-à-dire les étapes disputées en Atlantique, je navigue seulement lors des manches. Nous sommes suffisamment pour nous remplacer sur un mois de course, sans oublier que chaque dodo dans un bon lit remet les équipiers d’aplomb et permet de rattraper les nuits blanches passées à essayer d’enlever les algues coincées dans la quille !

Le covoiturage jusqu’en Méditerranée est fait par la route: direction Port-Camargue où nous attendent 6 manches. Le niveau s’élève et les hollandais de « MummaDuck », encore 5ème du classement amateur en Atlantique, deviennent menaçants. Nous parvenons à défendre notre spi bleu foncé et notre 8ème place au classement général, juste devant un prétendant au Spi bleu, les Français de Saint-Malo.
L’étape jusqu’à Marseille est à oublier. Nous heurtons un haut-fond (heureusement en sable !) et devons monter au mât afin de faire suffisamment gîter le bateau pour s’en sortir. Résultat des courses : une 23ème place au petit matin à l’arrivée à Marseille.

Arrivé en baie de Marseille au petit matin

Les manches qui suivent en rade de Marseille vont nous faire perdre le leadership face aux hollandais qui rentrent des manches dans les 5 premiers pendant deux jours. Nous leur mettons à notre tour la pression en gagnant la dernière manche avant de partir pour la dernière étape en direction de Toulon.

Cette dernière étape est sportive, puisque le vent souffle à plus de 25 nœuds. Nous passons le Cap Ferret dans des risées à plus de 30 nœuds et ce, en 5ème position. Malheureusement, deux bateaux démâtent. Nous explosons notre grand spi. Certains bateaux partent au tas. Il n’en faut pas plus pour que le comité décide d’annuler cette étape. Le matériel a souffert mais le niveau d’adrénaline est au plus haut! Nous trouvons quand même le temps de faire une petite vidéo-ambiance :

L'équipe d'Oman Sails

Tout va se jouer lors de la dernière journée de manches en rade de Toulon pour le classement amateur. Le classement général est déjà quasi acquis pour les Français de Nouvelle-Calédonie.

Le dernier jour, les Hollandais craquent complètement. Nous nous battons avec les Français aux avants-postes et les maintenons à 9 points au général. Des broutilles après un mois de course.

Malheureusement, lorsque l’on casse du matériel dans le Tour de France, on prend des points de pénalité. Nous apprenons que la casse de notre spi la veille nous pénalise de 10 points dans une étape qui a été annulée. Rageant. De plus, les deux bateaux qui ont démâté s’en sortent sans pénalité et comme argument, je ne sais quelles règles de sécurité qu’ils auraient respectées. Très rageant. Bref, nous terminons à un petit point de Saint-Malo. La bagarre pour le Spi bleu a été intense depuis le début et il est dommage de perdre sur le tapis vert après des étapes et des manches somptueuses. Mais chaque point compte…

tour de france

L'équipe du CER à l'envoi du spi

Le spi bleu du classement amateur que nous porterons une bonne partie du Tour