Le marin


C’est à la Tour-de-Peilz que je tire mes premiers bords dans les conditions lacustres réputées du Haut-Lac. Je ne sais pas d’où est venue l’idée à mes parents de me poser sur un bateau. En tous cas, la première expérience en Optimist à l’âge de 7 ans a dû les convaincre de continuer dans cette voie. Les seules expériences précédentes sont des navigations sur le bateau de mon grand-papa qui avait une tendance a gîter dangereusement au moindre souffle.Il s’en suit ma première régate au fameux « Challenge Pingouin » qui fut le théâtre d’un duel avec ma soeur ainée, elle aussi faisant ses premières armes en Optimist, pour savoir qui serait le meilleur représentant du club.

Par la suite, je navigue au Club Nautique de Pully pour approfondir mes connaissances en matière de régate. Je n’ai que 9 ans et aucune envie de taper dans un ballon de football ou de faire des arts martiaux. Mon passe-temps est la voile, quelle que soit la météo et tant pis si je passe mon temps à vider ce fichu bateau-baignoire après un grain! A Pully, j’ai la chance de me tirer la bourre avec Emmanuelle Rol qui représenta la Suisse au Jeux Olympique de Pékin en série 470 et avec qui je participerai à deux Championnats du Monde en Optimist.

En Optimist au Championnats du Monde 1999 à la Corogne

Je voyage de plus en plus pour me rendre sur les lieux de compétition. France, Italie, Belgique, Hollande, USA et même la Chine pour les Championnats du Monde Optimist où j’obtiens le meilleur résultat suisse jamais réalisé à ce jour. A 16 ans, je navigue en 470. C’est une série olympique. Le niveau est extrêmement élevé mais nous parvenons, mon équipier et moi, à faire bonne figure sur les régates pré-olympiques en nous qualifiant régulièrement dans les finales du rond-or. Malheureusement, tout cela s’est probablement passé trop tôt pour un jeune marin comme moi: trop de déplacements, trop de niveau, trop de professionnels et une envie de naviguer qui s’estompe.

Pour me changer les idées, je participe au Triathlon de Vevey en 2004. Il n’en fallait pas plus pour me rendre complètement dingue de ce sport moderne. Je consacre 4 ans à ce sport difficile avec à la clé une victoire au Triahlon de Lausanne en 2006 dans la catégorie junior.

L’envie de naviguer me reprend. J’ai 21 ans. Mon téléphone sonne. Au bout du fil Loic Forestier, alias Looping qui me dit: « on cherche un tacticien pour faire la saison 2008 en multicoque D35, ça te motive? » Je saute sur l’occasion. L’aventure de Zebra 7 commence avec pour équipage des jeunes qui ont bien envie de montrer à Alinghi, qui prépare sa défense de la Coupe de l’America en multicoque, que la relève suisse pousse. C’est sur les classiques lémaniques que nous montrerons tout notre potentiel avec un une victoire au Challenge Poséidon (classement des courses au long court lémanique).

Bord de pré lors du GP Beau-Rivage en 2008

Toutefois, la mer me manque. Les régates en D35 sont cloisonnées entre Genève et Lausanne. C’est avec le Centre d’entraînement à la Régate (CER) que je prendrai une bouffée d’air en faisant des régates en mer avec le Farr 30 « Ville de Genève-Carrefour-Prévention ». J’apprends le poste exigeant de n°1 avec comme expérience géniale le Tour de France à la voile (TVF) en 2010. Cette régate m’a donné envie de faire des régates au long court, véritables aventures humaines et sportives avec le plus grand terrain de jeu au monde: la mer.

© Jean-Marie Liot / ASO

© Jean-Marie Liot / ASO

De 2011 à 2012, mon emploi du temps est planifié en fonction des régates. Je m’investis beaucoup avec le CER pour le TVF (entraînements d’hiver et préparation en Bretagne). En 2012, le D35 sur lequel je navigue est sponsorisé par Realstone  et l’intégralité de l’équipe est constitué de régatiers issus du CER. La machine se met en marche et nous remportons le Vulcain Trophy, la Genève-Rolle-Genève ainsi que le prestigieux Bol d’Or. En parallèle, nous remportons le classement amateur du TVF et sommes 5ème du classement général.

A côté des projets du CER, je fais mes premiers pas en Mini 6.50 sur le GP d’Italie. En 2012, je participe à deux régates en Mini 6.50, dont l’une passe par le phare du Fastnet en Irlande. Avec une 2ème et une 1ère place au classement série, je me conforte dans l’idée de régater en haute mer.

© Loris von Siebenthal - myimage.ch

© Loris von Siebenthal – myimage.ch