GP d’Italie en Mini 6.50

Je viens tout juste de participer à ma première régate en Mini 6.50 lors du GP d’Italie et autant dire que je suis encore plus motivé pour faire aboutir mon projet après cette magnifique expérience que j’ai vécue.  Au menu de ce GP d’Italie, 540 milles à parcourir entre Gênes,  la Sardaigne et les îles au large de la côte italienne. Cette régate offshore se disputant en double, je m’y suis rendu avec Nicolas Groux qui prendra le départ de la Transat 6.50 en septembre.

Nous arrivons tôt sur le site de régate afin de préparer correctement le bateau pour la course et surtout installer le dernier instrument de sécurité obligatoire pour les courses en Mini. La veille du départ, nous préparons minutieusement la navigation à l’aide des cartes pour y repérer les hauts-fonds et les rochers que nous risquerions de croiser dans cette zone ; chaque point dangereux est reporté sur le GPS, tout comme les passages obligatoires du parcours. Nous chargeons également la nourriture, à savoir des sachets de lyophilisés au goût si raffiné que même les dauphins qui s’amuseront devant notre étrave n’en voudraient pas.

Notre stratégie de course pour les premières heures est de rester dans le peloton de tête (si possible !) et d’attendre le renforcement du vent prévu à proximité de la Corse pour commencer à attaquer. Nous savons que le bateau de Nicolas est adapté au gros temps et, qui plus est, à une allure sous spinnaker comme annoncé à la météo.

Nous prenons un excellent départ et les premiers milles de course se passent comme nous le souhaitions. Cependant, la Méditerranée reste une mer imprévisible et très vite nous sommes confrontés à des grosses bascules de vent. Notre position dans la flotte nous évite heureusement de perdre du terrain sur nos adversaires qui prennent plus de risque, ce qui nous rend confiants ; en effet, il semblerait que Nicolas et moi soyons parfaitement complémentaires sur un bateau.

Dès le passage du premier point, l’île de Capraia, nous tournons à droite en direction de la Corse. Le vent se renforce et l’allure nous autorise à hisser un spinnaker. Parfait ! Avec Nicolas, nous vivons un des plus beaux moments de cette régate : 15 à 20 nœuds de vent, une grosse houle pour surfer et du soleil. Nous passons le deuxième point au large de la Sardaigne en troisième position dans la catégorie des séries et seulement trois prototypes nous devancent.

Le retour à Gênes, en passant par l’île d’Elbe, est difficile : les îles perturbent passablement le vent alors qu’il était déjà annoncé faiblissant. En plus, il faut faire attention aux nombreux ferrys qui ont apparemment peu de scrupules envers les voiliers ! Déjà à proximité de la côte italienne, nous devons gérer ce qu’on appelle un « passage à niveau », c’est-à-dire une zone où il n’y a plus de vent pendant de longues heures, ce qui a pour conséquence un regroupement général. Dans le canal de Piombino, nous serons sept Mini à essayer de sortir des îles qui semblent nous aspirer comme si nous étions en croisière, alors que c’est bien des places sur le podium qui se jouent en ce moment. Avec Nicolas, nous perdons du terrain face à nos adversaires qui sortent des voiles performantes pour le petit-temps, tandis que nos voiles sont celles qui participeront à la Transat 6.50 qui, à priori, sera beaucoup plus venté.

A l’approche du Golfe de Gênes, nous choisissons de nous rapprocher de la côte près du canal de Livourne où transitent un grand nombre de cargos. Des concurrents ayant osé se rapprocher plus près encore du canal se font survoler par un hélico, d’ailleurs un équipage se fait arrêter pendant deux heures par une patrouille de police. Dans notre coin, on ne rigole pas.

Il ne reste plus que quelques milles à parcourir et nous apercevons Gênes. Rien n’est encore joué dans ce vent faible et nous devons nous attendre à une fin de course où les cartes seront systématiquement  remises en jeu.  Nous remontons le long de la côte pour bénéficier d’un vent canalisé le long des collines et surtout, nous abriter du courant. La journée se terminant gentiment, nous tablons sur une brise de terre une fois la nuit tombée sans cesser de nous battre, mais malheureusement les adversaires naviguant plus au large bénéficient de petites risées.  Pour notre part, c’est seulement au milieu de la nuit que la brise de terre fait son apparition, au moment même où  nous entendons nos adversaires annoncer leur arrivée à la radio VHF. De la 2ème à la 7ème place chez les Mini de séries, tout le monde se tient en une heure, autant dire pas grand-chose après une course de 4 jours.

Nous terminons 6ème et sommes satisfaits de cette place. Je suis très content de cette première expérience en Mini et heureux d’avoir partagé cette course avec Nicolas. Mon programme ne comprend pas d’autres courses en Mini cette année, et c’est désormais en Suisse que je vais naviguer jusqu’en juillet avec les multicoques D35 et M2.